UNE NOUVELLE ETUDE MONTRE QU’UNE BONNE CULTURE DATA EST SYNONYME D’UNE GOUVERNANCE DES DONNÉES RÉUSSIE

par Guillaume le Galiard, customer advisory, Collibra.

Gagner le soutien des collaborateurs et des dirigeants en faveur des programmes de gouvernance des données (puis créer une culture Data à partir de l’adhésion à ces programmes) reste un défi de taille pour beaucoup d’organisations.

Une nouvelle enquête révèle que ce soutien est un facteur décisif pour la réussite de ces programmes.

Les résultats de cette enquête ont été présentés en 2018 lors d’un événement Collibra à La Haye, aux Pays-Bas, par Timm Grosser, responsable consulting – BI et gestion de données de BARC, une entreprise de Teknowlogy Group. Les résultats de l’enquête ont également été publiés dans un rapport.

Avec 3 045 réponses à l’enquête, les résultats ont révélé que la clé du bon fonctionnement d’un programme de gouvernance des données réside en particulier dans une culture Data adéquate. Nous vous expliquons ci-dessous comment relever avec brio les défis de la mise en place d’une culture Data, et ainsi propulser votre entreprise sur la voie de la réussite.

Faire face aux défis de la Culture Data :

L’enquête établit clairement que les entreprises rencontrent des défis de taille sur les données. La culture Data au sein de l’entreprise est souvent en cause, et doit être améliorée. Près de la moitié des personnes interrogées ont déclaré que leur entreprise souffre actuellement de la mauvaise qualité de ses données, et plus d’un tiers pense que ce problème va perdurer dans le futur. Ces entreprises investissent souvent un effort manuel considérable pour que le niveau de qualité des données soit suffisant pour les utiliser. Cette pratique est non seulement coûteuse, mais elle monopolise aussi une main d’œuvre qui pourrait être mieux employée ailleurs. C’est également un facteur de risque : parfois, la mauvaise qualité des données peut être responsable de l’échec de projets à valeur ajoutée pour l’entreprise. Il est primordial que les entreprises développent une compréhension commune des standards de qualité des données dans l’ensemble de la structure organisationnelle.

Plus de 4 personnes interrogées sur 10 ont indiqué que la politique de gouvernance des données de leur entreprise était inefficace. Très souvent, la gouvernance des données n’est pas considérée comme un pilier stratégique par la Direction Générale, il n’y a donc pas de responsabilité clairement établie pour la gestion des données dans l’entreprise. Parfois, chaque équipe a sa propre approche de la gestion des données. Aucun collaborateur n’est spécifiquement affecté à la qualité des données au sein des équipes, ainsi qu’au partage et à la mutualisation des données au sein de l’entreprise.

Le manque d’informations concernant les données existantes est un autre problème récurrent, tout comme l’incapacité à accéder aux données pertinentes. Plus d’un tiers des sondés ont déclaré avoir rencontré ces problèmes. Cela se produit souvent lorsque la gouvernance des données est uniquement sous la responsabilité de la Direction des Systèmes d’Informations (DSI). Les autres Directions ont alors une vision limitée et imprécise du patrimoine de données de l’entreprise : ils ne savent pas où sont les données, comment les trouver et y accéder, et qui en est responsable.

Collaboration : comprendre la fracture

Dans beaucoup d’entreprises, la gouvernance des données n’est pas considérée comme un élément important dans lequel les métiers devraient être impliqués. Par exemple, seulement 29 % des personnes interrogées pensent que leur programme de gouvernance des données peut avoir une incidence sur tous leurs environnements de données. La plupart des personnes interrogées (plus de 75 %) ne se focalisent que sur l’impact des données sur leur environnement analytiques (BI) et de stockage des données (DataWareHouse). En s’appuyant sur ce seul point de vue, la gouvernance des données est un projet IT, sur la responsabilité de la DSI.

Une autre tendance, montre que pour certains la gouvernance des données n’est qu’un projet de conformité. L’enquête montre que la conformité est le premier moteur de déploiement d’une stratégie Data ou d’une gouvernance des données pour 56 % des entreprises sondées. Ce pourcentage atteint 64 % en Europe, probablement en raison des nouvelles réglementations en vigueur, comme le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Considérer la gouvernance des données comme une simple tâche de conformité, ou comme un projet purement destiné à la DSI signifie que, culturellement parlant, les entreprises sont peu attentives aux opportunités que la gouvernance des données peut amener, notamment en générant de la valeur pour les métiers et l’entreprise.

Le haut de l’organigramme comme point de départ

Le développement d’une culture Data doit partir au niveau du Top Management, par le Comité de Direction ou le comité Exécutif. La culture d’entreprise qui pousse le personnel à considérer la gouvernance des données comme un projet informatique ou comme une simple question de conformité émane souvent de la vision de la direction sur ces problématiques. Au cours de l’enquête, 4 personnes sondées sur 10 ont déclaré que leur plus gros défi lors de la mise en œuvre d’une stratégie Data, ou de mesures de gouvernance des données, était souvent de convaincre les parties prenantes, d’obtenir le soutien de la Direction et l’implication des utilisateurs.

Cette nouvelle enquête démontre également qu’obtenir l’aval de la Direction et de l’entreprise lors du déploiement d’une culture Data est primordial pour qu’un programme de gouvernance réussisse. Les personnes interrogées ont été invitées à évaluer l’importance de la gouvernance et de la culture Data. Les résultats ont montré que les entreprises considérées comme les meilleures en matière de gestion des données ont attribué la note de 7,7/10 à l’importance de la culture Data. En revanche, les entreprises les moins matures sur ce sujet n’ont attribué qu’un 5,8/10.

Timm Grosser de BARC a identifié plusieurs points sur lesquels les équipes chargées de la gouvernance des données peuvent collaborer avec les équipes métiers :

  • Assurez-vous que les rôles sont clairement définis dans l’équipe chargée du projet de gouvernance des données ;
  • Identifiez les membres des équipes métiers dont la gouvernance des données fait partie des attributions. Ils ont tout intérêt à participer au projet ;
  • Impliquez les équipes métiers dès le début du projet. Seules les équipes métiers et les experts sur leur périmètre d’activité seront en mesure de définir les données, leurs usages et les gains générés par les données sur leurs activités.
  • Encouragez le débat sur les projets de conformité, comme le RGPD, et sur la valeur qu’ils peuvent apporter à l’entreprise. Aidez les équipes métiers à identifier les opportunités ;
  • Commencez avec un projet de mise en qualité des données (par exemple des données client ou des données produit partagées par plusieurs applications opérationnelles et qui alimentent différents processus). Cela vous permettra de démontrer que cette approche peut rapidement générer de la valeur pour l’entreprise.

Pour résumer, les défis les plus couramment soulevés par les projets de gouvernance des données au sein des entreprises sont souvent liés à la culture Data véhiculée par la Direction et partagée au sein de l’entreprise. Obtenir l’aval de toutes les parties prenantes peut augmenter de façon significative les chances de réussite d’un programme de gouvernance des données.

 

Leave a Reply